Publié dans Septembre 2016

Une anecdote, en mode très passant vite.

Un petit mot, car moins présent depuis la rentrée… pour autant de raisons aussi graves que futiles que je n’en trouve pas une seule plus valable qu’une autre à vous donner pour me faire pardonner. Je sors de ma retraite de plumier pour un clin d’yeux. Comme ça, pour en sourire. Vous pourriez me taxer de profiteur, mais la maison d’édition La Bourdonnaye est en liquidation judiciaire depuis le 23 août dernier et mon titre n’est donc plus exploité chez eux… ni ailleurs.

Un temps, le gérant avait eu de grandes ambitions pour ce produit, le Pulp, et Laurent Bettoni avait pris la direction littéraire de ces séries innovantes inspirées pourtant d’un vieux modèle, celui des feuilletons. Un produit qui aurait plu à Christine Boutin, car la fin tant attendue n’était jamais celle prévue au départ.

A l’heure où l’on taille un Buisson de plus en plus ardent à un fan de The Voice bien avant l’heure et où « le meilleur d’entre nous » n’a pas à se casser du Fillon ou à faire sa Colombine devant un défroqué d’Harlequin, comment ne pas avoir une pensée émue pour, au fond, « le moins pire d’entre nous » depuis plus de quarante ans ?

Entre nous, le pire dans la vie est de ne pas savoir. Depuis 1974, à droite comme à gauche, nous avons toujours tout appris après. De l’heure du laitier avec tâches de rousseur à l’infante, ou Dauphine pour nous autres Frenchies, nos élyséens nous amusent en Ferrari, en scooter ou en Pingeot. C’est dans notre « plasma » comme dirait  l’homme à talonnettes surnommé Achille par les joailliers du 36 qui, ce soir, s’amusent de voir pointer leurs anciens boss.

« Cinq minutes, douche comprise ! »

Venant d’un mec devenu écolo sur le tard, rien de surprenant à ce qu’il ait toujours cherché à faire maladroitement des économies de ballon. A l’heure gauloise du cumulus des mandats et des peines de prison, Lui avait opté pour le mitigeur. Ni trop chaud et pas trop froid, ça te la rapetisse.

Défenseur des arts premiers, il voyait de l’intelligence dans le lointain tout en se navrant de contempler des primates contemporains se livrer aux primaires. Un chef n’avait pas besoin de s’intéresser aux détails ou tout au plus demandait-il : « Il se passe quoi, Charles ? » et tout rentrait dans l’ordre. Enfin, l’essentiel était de ne pas être pris la main dans le sac. Dès lors, impossible d’y Copé, contre un siège branlant pour bras ballants, il opta vite pour un quai Branly pour érudits.

Le moins con d’entre tous, aussi.

Non. Avec Lui, nous savions déjà bien avant. D’ailleurs, nous n’avons pas été déçus pendant et on en a bien rigolé après. Que voulez-vous ?! Nous sommes des monarchistes paillards et le sérieux en politique nous emmerde même si nous prêtons le flanc à une certaine « constance » entre deux pince-fesses. D’ailleurs, je vous la présenterai… ( Ah! Deux qui suivent. Merci 😉  )

Qui aime bien châtie bien. C’était un peu ce que j’avais pensé en écrivant ces lignes, dans un autre temps et dans le cadre d’une autre histoire, celle des « Dessous (en dentelle) de l’Elysée ». Un extrait d’une petite douceur écrite en 2013, en passant 😉

 » (…) Tout à coup, l’Élyséen réalise que sa clé USB devient embarrassante. N’ayant qu’une confiance relative en ses collaborateurs, hors de question de la leur donner. Depuis son histoire d’A.B.S., il connaît aussi l’inviolabilité relative d’un coffre-fort. Un court instant, l’idée de mettre Bernie dans le coup lui vient à l’esprit, mais il s’occupe déjà de bon nombre de ses divertissements. Il ne va pas non plus l’embarquer dans la politique politicienne. Visiblement, le passemuraille est murgé et dort à présent dans le canapé.

Alors, que faire ?

Partant du principe que l’homme ne voit jamais ce qui se trouve sous son nez, la meilleure cachette réside donc dans son bureau. Oui, mais où ? Il inspecte les lieux. Aucun endroit ne lui convient, la pièce est décidément trop fréquentée. La pendule de la cheminée sonne alors 6 heures du matin. Dans l’horloge ! Non. Impossible. Il suffirait qu’une maintenance se fasse en son absence ou qu’un service de contre-espionnage y glisse un micro, et le scandale éclaterait. Ça s’est déjà vu.

La cheminée, en revanche…

Il se met à quatre pattes et analyse l’ensemble avec sa lampe LED d’un genre douteux. Il suffirait de soulever la trappe d’aération, si elle marche encore, depuis tant d’années, et d’y cacher le secret d’État. Là, personne n’y verrait rien, car on ne s’y attarde pas. Il ne faut pas être sorti de Saint-Cyr pour faire ça, et en plus il ne rate jamais une émission de Damidot. Après avoir inséré la clé dans une enveloppe à bulles, il scotche l’ensemble et tamponne le tout du cachet officiel. Il se dit que « CONFIDENTIEL », ça peut encore impressionner une femme de ménage portugaise ou un ramoneur polonais. À pas feutrés, en ayant pris soin de vérifier que Bernie ronfle encore, il se dirige vers l’âtre. Là, il soulève légèrement la grille qui protège le bureau des intrusions de volatiles et, au moment de soulever enfin la plaque…

— Merde !

Une explosion a retenti dans la cheminée, et il se retrouve avec le bas du pantalon trempé. L’incident a réveillé l’huissier, qui grince :

— Du temps de la vieille gauche, c’était plus reposant. Quand je pense qu’on nous a sucré la défisc’ des heures supplémentaires, grommelle-t-il en se dirigeant derrière le bureau Louis XV du célèbre Salon doré.

Tout en se grattant la tête, il inspecte les dégâts. Le Vieux a l’air hagard et reste accroupi, sans réaction.

— On dirait du verre pilé.

Cette réflexion le sort de sa torpeur, et il entreprend d’ouvrir complètement la trappe, considérant, sans doute, que le pire était derrière lui.

— Bernie, je sens autre chose.

— C’est mou ? C’est peut-être un rat crevé.

— Non, c’est dur. On dirait…Attendez. On dirait, dit-il en extrayant péniblement sa main, mais oui, une autre bouteille ! Il s’extirpe du conduit et lui montre sa trouvaille.

— Ça alors ! Tournez un peu, Monsieur, il y a encore une étiquette.

— Ah oui ! « Corona », c’est de la bière, non ?

Le portier vermoulu de la monarchie républicaine esquisse un sourire plein d’émotion. Les larmes se fondent dans son regard, et le Président s’inquiète de suite.

— Ho ! Bernie, ça va ?

— Oui, oui, ce n’est rien, Monsieur. C’est vrai que, sur la fin, il faisait des conneries, mais qu’est-ce qu’on a pu se marrer.

Le Vieux cherche un instant.

— Ah, oui ! Ça me revient, maintenant. On avait aussi retrouvé des Penthouse en soulevant la trappe d’accès de la baignoire. Bien sûr ! C’est donc…

— Oui. Ça ne peut être que lui. Avec elles, il ne pouvait pas bouger le petit doigt. Il était pourtant si aimable pour nous, le personnel de maison. C’est pas qu’elles étaient méchantes non plus, on a dit n’importe quoi aussi dans la presse. En fait, il était un peu comme v… il s’arrête net.

— … Oui, vous alliez dire ?

Il se pince les lèvres et lâche :

— Et puis, merde, pardonnez-moi, monsieur le Président, comme vous, voilà !

Depuis son arrivée, jamais l’huissier fétiche des lieux ne l’avait appelé par son titre officiel. L’Élyséen n’en avait pas pris ombrage, il aurait pu être son père. Bernie pourrait d’ailleurs faire valoir ses droits à pension depuis belle lurette. Passé 78 ans trois quarts, la loi sur les retraites est formelle. Mais il était resté. Le Président sourit et met la main sur l’épaule du serviteur déclinant.

— Dans votre bouche, et avec ce regard, je suppose que je dois le prendre comme un compliment.

— Je vous prie de m’excuser, Monsieur, un coup de fatigue, l’émotion m’aura submergé. Lui, le grand, c’était comme vous, on ne s’ennuyait jamais. Il était de chair et de sentiment, pas comme tous ces technocrates revenus à la mode. Remarquez, je n’encense pas non plus, il avait des défauts !

— Comme moi, je me doute bien…

— Maintenant que vous le dites, pas très éloignés des vôtres non plus, c’est vrai.

— Vous savez quoi ? On va le remettre dans sa crypte, le reliquaire de la Ve, dit le Vieux en replaçant l’objet dans sa niche improvisée.

L’huissier regarde l’Élu du peuple et lance, le cœur empli de reconnaissance :

— Ça, c’est la grande classe. Chapeau, Monsieur !

Qui sait ? Dans quelques décennies, un heureux mandaté au poste suprême lira peut-être ces lignes et, lui-aussi, voudra savoir. Qu’il sache alors que d’autres avant lui ont eu ce geste, d’une humanité touchante et profonde, et qu’il n’oublie surtout pas de s’en montrer digne. Et si, toutefois, un entourage oppressant le conduisait à perdre la raison, qu’il n’oublie pas non plus de regarder la date de péremption sur le côté de l’étiquette. »

Un hommage sincère et pour sourire, en somme…

Dans la saison 2, le mouvement Orange-Mandarine pointait le bout de son nez. Une fille à papa qui vous aurait sans doute déplu. Aussi suis-je assez content de vous avoir épargné des cauchemars pour de faux. Et puis, l’attentat. A l’époque où j’ai bouclé la saison 2, j’en étais resté à Charlie Hebdo. Aujourd’hui, si j’en étais à la saison 7 ou 8, comment traiterais-je ce sujet si prégnant, si horrible ?

  • Ô Christine, boute-en-train d’avance de première classe, ne vois-tu rien mourir ?

Portez-vous bien et fort, personne d’autre ne le fera pour vous !

Et je vous claque la bise, bien entendu 😉

Former French President Jacques Chirac waves as he leaves after the awards ceremony for the Prix de la Fondation Chirac at the Musee du Quai Branly in Paris November 24, 2011. The Chirac Fondation presents an award to individuals who work at preventing conflicts in the world. REUTERS/Charles Platiau (FRANCE - Tags: POLITICS HEADSHOT)
Former French President Jacques Chirac waves as he leaves after the awards ceremony for the Prix de la Fondation Chirac at the Musee du Quai Branly in Paris November 24, 2011. The Chirac Fondation presents an award to individuals who work at preventing conflicts in the world. REUTERS/Charles Platiau (FRANCE – Tags: POLITICS HEADSHOT)
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Auteur :

Auteur chez les Editions du 38 et Hugo Roman. Je vous accueille avec grand plaisir !

3 commentaires sur « Une anecdote, en mode très passant vite. »

  1. Super comme d’hab’ ! La chute est royale ! Enfin avec la boute-en-train de la mort pro-consanguinité, j’y vais peut-être fort…:lol: Mais une joie de retrouver ta plume et tu me vois fort marrie de ce qui arrive à La Bourdonnaye…Bah zut alors ! 😦 Heureusement reste Hugo ! 😉 Bisous l’artiste !

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